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LA RESISTANCE CIVILE DES JUIFS DE LA M.O.I.

Actions politiques menées par Résistance civile des juifs de la Main-d’œuvre immigrée (M.O.I.)

La résistance civile des juifs

Si on évoque la Résistance, on pense souvent à sa version armée, aux attentats, aux maquisards, aux FTP-M.O.I.

Mais la plupart des résistants se consacrent à d’autres formes de lutte contre l’occupant, risquant également leur liberté et leur vie.

On compte, d’une part, ceux qui se consacrent à la logistique des combattants : fabrication d’armes, production de faux papiers, recherche de planques pour les FTP et, notamment, pour les FTP-M.O.I. (Main-d’œuvre immigrée) doublement visés, en tant que Juifs et en tant que résistants et collectes d’argent pour permettre à tous de vivre dans une totale clandestinité.

D’autre part, les résistants juifs de la M.O.I. les plus nombreux mènent une action politique permettant de contrecarrer les objectifs des nazis et des collaborateurs : graffiti, imprimeries clandestines, presse clandestine très active, affiches, diffusion des tracts et des papillons (petits tracts), organisation de grèves, recherche de familles rurales pour cacher les enfants juifs,  sabotage dans les ateliers travaillant pour les Allemands, transmission de documents et d’informations (par les agents de liaison, notamment), manifestations… C’est ce que l’on a appelé, la Résistance civile des juifs.

A noter que la presse résistante communiste juive très influente (en yiddish (Unzer Vort) et en français (Notre parole et Notre voix entre autres publications) est traquée par les nazis ; nombre de ses contributeurs seront exécutés ou mourront en déportation.

La participation aux actions de résistance civile sert aussi à la formation des militants qui représentent un réservoir pour la sélection de combattants FTP et FTP-M.O.I. Pour les militants de la section juive de la M.O.I., il s’agit, en outre, d’informer (en français et en yiddish) la population juive des dangers qui la menacent, de tisser des liens avec la population française et de  prendre part au sauvetage des enfants juifs.

Un exemple de résistance civile : Le sabotage de la production destinée aux allemands

La persécution anti-juive, le pillage des ressources du pays et les exécutions d’otages pour briser la Résistance poussent les militants syndicalistes juifs à inventer une nouvelle forme de lutte.

 

À l’extérieur, l’Allemagne nazie est en guerre contre l’URSS depuis la rupture du pacte de non-agression en juin 1941.

 

Tricoteurs et gantiers, par exemple, fabriquent des articles immettables.

 

En décembre 1941, les gantiers déclenchent une grève générale qui dure quatre semaines

 

Des actions sur les machines sont menées dans les grandes entreprises. Des pièces essentielles des moteurs sont subtilisées ou détériorées, les installations électriques sont détruites.

 

En cet hiver 1941-1942, le froid est glacial. Les vêtements chauds à destination des soldats allemands doivent être acheminés vers le front. Les ouvriers fourreurs juifs sabotent leur production.

 

De petites boîtes explosives sont très répandues, au sein des ateliers, dans toutes les corporations ; elles provoquent des incendies.

En juin 1942, lors d’une de ces actions, deux jeunes résistants juifs sont arrêtés par les nazis et fusillés en juillet. D’autres combattants sont emprisonnés.

 

Pourtant, l’engagement ne faiblit pas, de nombreux jeunes travailleurs juifs immigrés issus des ateliers ou des entreprises rejoignent les rangs de la section juive la M.O.I. dans sa lutte civile ou armée.

Coopération entre résistance juive armée et résistance civile

Parallèlement à une Résistance civile intérieure, une Résistance intérieure armée se développe à partir de 1941.

Les actions sont multiples (attaques de trains de matériel ennemi, incendies d’entrepôts d’armes, grenadages de lieux réquisitionnés par l’armée allemande…).

Des agents de liaison, couramment de jeunes femmes à bicyclette, transportent souvent des messages en direction des combattants armés.

Résistantes et résistants organisés, bien que très peu nombreux, s’appuient souvent sur un soutien de la population, implicite ou non.

 

En mai 1943, Jean Moulin, délégué du général de Gaulle en France, parvient à rassembler les différents mouvements de la Résistance intérieure et syndicats et partis, des communistes à la droite républicaine. Le Conseil National de la Résistance (CNR) est né. La Résistance est unifiée en deux structures. L’une, militaire, est constituée des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI).

Forces gaullistes, FTPF et FTP-M.O.I. (Main-d’œuvre immigrée) intégrés aux FFI.

L’autre structure, civile, rassemble les Comités Départementaux de la Libération (CDL) qui restaurent la légalité républicaine. Leur rôle, dans le pays, est considérable.

En mai 1944,  CNR et PCF créent des Milices patriotiques , à vocation civile et armée, dans les villes et les maquis. L’une d’elles, M.O.I., est spécifiquement juive. Les résistants juifs sont prêts pour l’insurrection nationale et la Libération.