1. Home
  2. Photos
  3. Ordonnance de la Préfecture de police du département de la Seine sur le « contrôle…

La section juive de la M.O.I.

AVANT LA GUERRE : UN RESEAU ASSOCIATIF DYNAMIQUE

L’organisation La Main-d’oeuvre immigrée (M.O.I.) est conçue par le Parti communiste en 1932 ; des groupes de langues sont créés pour favoriser l’intégration, en France, des travailleurs parlant encore mal le français.

Nombre de Juifs yiddishophones immigrés d’Europe de l’Est, chassés de leurs pays par le fascisme et l’antisémitisme rejoignent la section juive de la M.O.I. (de langue yiddish).

Les associations juives dépendant de la section juive de la  M.O.I. sont très actives et variées : action sociale et médicale, information politique, activités sportives, mouvement de femmes, mouvement de jeunesse, patronages, section  d’écrivains, chorale populaire et théâtre.

Les communistes et sympathisants yiddishophones  de la section juive disposent d’un organe de presse quotidien en yiddish, la Naïe Presse (La Presse Nouvelle) qui publie son premier numéro en janvier 1934. Ce journal est très largement diffusé dans l’immigration juive d’avant-guerre. L’un de ses objectifs prioritaires est la lutte contre le fascisme.

LA SECTION JUIVE PENDANT L’OCCUPATION : MISE EN PLACE DE L’ACTION CLANDESTINE

Dès le début de l’Occupation, les militants de la section juive mettent en place une grande entraide de proximité.

Très tôt, en septembre 1940,  hors de la légalité, les  responsables de la section juive créent l’organisation  « Solidarité». D’abord organisation d’entraide et d’information, « Solidarité » deviendra rapidement une organisation de Résistance. L’action sociale n’y sera jamais séparée de l’action politique.

La section juive -devenue clandestine- de la M.O.I. est très active aussi dans la diffusion de l’information.

Naïe Presse reparaît clandestinement, à intervalles assez réguliers, sous le titre Unzer Vort à partir du 29 septembre 1940.

Unzer Vort et Notre Voix ou Notre Parole en version française n’ont jamais cessé de paraître jusqu’à la Libération.

Des organisations issues de la section juive de la M.O.I. comme les  Jeunesses Communistes juives (JCJ), ou l’Union des femmes juives (UFJ) jouent auprès de « Solidarité », un rôle spécifique.

PRECOCITE DE LA SECTION JUIVE DANS LA RESISTANCE

Dès 1940 et 41, les Juifs communistes immigrés participent à de actions armées au sein des groupes de l’Organisation spéciale (OS) et des Bataillons de la jeunesse du Parti communiste. 

En avril 1942, deux résistants  juifs sont tués par un engin explosif qu’ils testent. Des membres de la section juive de la M.O.I. sont exécutés.

Très rapidement, en mai 1942, des groupes armés de Francs-tireurs et partisans M.O.I.très efficaces se mettent en place à Paris. Nombre d’entre eux sont issus de la section juive. D’autres suivront en régions.

Tous les Juifs communistes, immigrés d’Europe de l’Est, et  résistants, ne sont pas  liés à la section juive yiddishophone. Certains appartiennent à d’autres groupes de langue de la MO.I. mais tous combattent le nazisme.

La Résistance civile de la section juive se manifeste dans de nombreux domaines : sabotages, inscriptions sur les murs, recherche de planques pour les FTP-MOI, de familles pour les enfants cachés, imprimeries clandestines,  fabrication de faux-papiers, information clandestine,  collectes d’argent, agents de liaison…

La section juive de la M.O.I. est, dans la clandestinité, en première ligne du combat politique et de la Résistance.

Le Mouvement National Contre le Racisme, (MNCR) est créé au cours de l’été 1942 à l’initiative de la section juive de la M.O.I. Pour le sauvetage des enfants juifs, ils conduisent des actions communes.

LA NECESSITE DE L’UNION: CREATION DE L’UJRE

Au printemps 1943, la section juive des zones Nord et Sud se regroupe en un  organisme: l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE). Elle remplace « Solidarité ».

Simultanément, la section juive de la M.O.I. fonde l’Union de la jeunesse juive (UJJ).

Au sud , des groupes de combat prennent le nom de «  groupes de combat  de l’UJRE » dont un dixième rejoindra les FTP-M.O.I.

DEVASTATION DE LA SECTION JUIVE…

A Paris, de mars à juin 1943, les Brigades spéciales des Renseignements Généraux, dirigent 3 traques  destructrices.

L’organisation humaine,  politique et militaire de la section juive de la M.O.I. est dévastée.

En 1944, l’unification des mouvements juifs – dont l’UJRE- aboutit à la création du Conseil Représentatif des Israélites de France , le CRIF.

Les Juifs, toutes convictions confondues, aspirent, avant tout, à la Libération et au rétablissement de la République.

LA SECTION JUIVE APRES-GUERRE. RECONSTRUCTION. MEMOIRE ET HISTOIRE

Après guerre, nombre de Juifs survivants militent au sein de l’UJRE,  alors très influente.

La CCE, Commission Centrale de l’Enfance auprès de l’UJRE, créée en 1945,  accueille les orphelins juifs dont les parents ont été exterminés. La CCE va  marquer l’après-guerre

La mémoire juive résistante est occultée ou confondue dans le souvenir global de la persécution. Le temps passant, des survivants soutenus par leurs associations, font connaître leur rôle dans la Résistance.

Ils ont, à ce jour, tous disparu.

L’engagement des Résistants  de la section juive de la M.O.I. pour la Libération de la France, s’inscrit, désormais, dans le travail d’Histoire et de Mémoire entrepris par MRJ-M.O.I. à travers son  musée en ligne.