L’armistice du 22 juin 1940 stipule que la partie sud du territoire français n’est pas occupée. Le 10 juillet, le régime de Vichy, du nom de la ville où siège le gouvernement, est instauré : Philippe Pétain devient chef d’un État autoritaire disposant de tous les pouvoirs.
Il choisit rapidement de faire entrer la France dans une collaboration d’État avec l’occupant allemand.
Les termes de l’armistice du 22 juin 1940 découpent la France en deux zones, une zone occupée et une zone dite « libre » où s’installe à Vichy le 10 juillet un Etat français qui n’est donc pas qu’une simple administration mais un gouvernement défini comme légal. Les pleins pouvoirs sont obtenus le 10 juillet par le maréchal Pétain, l’homme « providentiel », préparé de longue date à assurer la gouvernance d’un état autoritaire impliquant l’adhésion aux objectifs de l’Occupant.
La pratique d’exclusion et des libertés violées est à la base du nouveau régime et la filiation politique avec les derniers gouvernements de la IIIème République se retrouve dans la gestion de certains groupes sociaux (chômeurs, Juifs, étrangers, …) avec une différence notoire : le régime de Vichy à l’idéologie raciste et xénophobe, va répondre à cette situation par une répression qui va s’amplifier. Sollicitée par Pétain auprès d’Hitler, l’entrevue de Montoire dès le 21 octobre entérine l’acceptation du principe de collaboration.
Mais la légitimité de cet Etat français est très vite remise en cause par la perte du peu de souveraineté restante, par l’accumulation de mesures coercitives et par la montée de l’esprit de résistance faisant basculer l’opinion publique. Les justifications avancées s’avèrent très vite inopérantes : le supposé bouclier de protection se délite face à la levée impossible des restrictions et aux concessions continuelles faites à l’occupant dans l’espoir d’un statut privilégié ; l’argument du double jeu s’évanouit aussi vite, les finalités étant incompatibles entre le gouvernement de Vichy, soucieux de neutralité, et l’Angleterre voulant la reprise de la guerre par la France.
La collaboration d’Etat par les partisans de ce choix devient la seule ligne de conduite. Les transfuges du gouvernement de Vichy et Pétain finissent en Allemagne dans l’enclave française de Sigmaringen.
Références :
– Paxton Robert O., La France de Vichy 1940-1944,1973, nouvelle édition 1999, Éditions du Seuil.
– Laurent Joly (direction), Vichy. Histoire d’une dictature. 1940-1944, 2025, Editions Tallandier.