1. Home
  2. Musée
  3. Persécutions | La Résistance

Toutes les salles

Salle 2 - Contre le fascisme | Début de la guerre
1934 - 1939

L’ Humanité

L’Humanité est un quotidien fondé le 18 avril 1904 par Jean Jaurès, avec le soutien d’intellectuels comme Lucien Herr et Lucien Lévy‑Bruhl. Son objectif est de rassembler les militants socialistes et d’offrir un journal d’opinion de haut niveau.

La rédaction compte des hommes politiques importants comme Aristide Briand, René Viviani, Léon Blum et des écrivains, comme Octave Mirbeau et Anatole France.

 

Après la guerre mondiale, le mouvement socialiste se fracture sur l’adhésion à la IIIe Internationale (bolchevique).

La rupture a lieu lors du Congrès de Tours en décembre 1920 : la majorité vote pour la création de la Section Française de l’IC, l’Internationale Communiste (future PCF).

Par un vote massif des abonnés et de la rédaction, L’Humanité suit la majorité communiste. Elle devient ainsi « l’organe central du Parti Communiste Français ».

Sous la direction de Marcel Cachin, le journal adopte une ligne révolutionnaire et devient un outil de mobilisation ouvrière.

 

Dans les années 30, L’Humanité devient l’un des plus grands quotidiens français, porté par la dynamique unitaire contre le fascisme. Il se modernise, accorde plus de place aux photos et aux loisirs, et organise la première Fête de l’Humanité en 1930 (qui prend une dimension massive en 1936).

Porté également par la lutte contre le fascisme, le premier numéro de la Naïe Presse (Presse nouvelle), journal en yiddish de la section juive de la M.O.I. paraît le 1er janvier 1934.

 

Le 26 août 1939, à la suite de l’annonce du Pacte germano-soviétique et du soutien du journal à ce pacte, le gouvernement Daladier interdit L’Humanité. Peu après, la Naïe Presse est elle aussi interdite.

 

Le journal l’Humanité continue de paraître illégalement. La ligne de l’IC est alors la dénonciation de la « guerre impérialiste ».

Après l’invasion de l’URSS par l’Allemagne, le journal devient un pilier de la Résistance intérieure. Imprimé clandestinement, il appelle au sabotage et à l’insurrection contre l’occupant nazi et le régime de Vichy. À partir du 29 septembre 1940, et pendant toute l’Occupation, la Naïe Presse paraît clandestinement en yiddish sous le titre Unzer Wort et en français sous les titres Notre paroleau nord de la France et Notre voix au sud.

 

De nombreux diffuseurs et journalistes de l’Humanité paient cet engagement de leur vie. La Naïe Presse (devenue Unzer Wort) est, elle aussi victime de la persécution nazie : de nombreux responsables, rédacteurs, imprimeurs, diffuseurs sont torturés, exécutés, déportés.

 

Le 21 août 1944, lors de l’insurrection de Paris, L’Humanité reparaît légalement au grand jour. En1945, il le journal est au sommet de son influence politique, porté par le prestige du PCF, le « parti des 75 000 fusillés ».

La Naïe Presse reparaît après-guerre sous son titre originel et touche la population juive yiddishophone – communiste ou sympathisante – rescapée et proche de l’idéal de la Résistance. Une page en français complète bientôt l’édition du quotidien.

 

En 1945, L’Humanité tire à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, s’imposant comme une force incontournable de la reconstruction de la France d’après-guerre.

 

Référence :

Delporte Christian, 2004, Histoire du journal l’Humanité, Nouveau Monde Éditions.

Salle

Période

NC

Type de document

Mots-clés

Yiddish

Zone géographique

NC

Source

NC

Documents de la même période